Traîner. Ne faire que ça. Lancer des cailloux. Ne rien dire. Ne rien faire. Faire tourner un stylo. Gribouiller une nappe. Se poser des questions sans chercher de réponse. Regarder en l’air. Regarder dans le vide. Regarder dans le flou. Écrire un mot sur un papier, écrire une phrase, écrire une lettre. Être assis. Attendre debout. S’allonger. Écouter. Écouter ce que l’on n’écoute pas. Grignoter. Tourner en rond. Tourner en carré. Tourner. Parler seul. Parler seul sans se parler. S’asseoir. Ne rien faire que traîner. Prendre un café. Attendre. Prendre un café froid. Ouvrir un livre, le refermer. Regarder dehors, dedans, une table, un rien.

L’ennui me manque parce que l’ennui ne vient jamais si on ne l’invite pas.

L’ennui me manque alors qu’il est vital pour nos métiers :
Voir le Reel Instagram

L’ennui me manque parce que l’on est sursollicité. Et on ne s’allonge plus par terre sur le parquet de son salon pour écouter sans l’écouter une musique que l’on a dans la tête. Tiens une notif, ah marrant une vidéo d’un chien qui tombe, voyez-vous ce que je veux dire, tu me dis quoi ? Pardon j’étais en train de… oui ? Ah ? On verra ça plus tard ? L’ennui me manque. L’ennui me manque et il faut réapprendre à s’ennuyer.

Si l’IA nous permet de gagner du temps, gardons-en un peu pour l’ennui.
Derrière, les idées seront meilleures, mieux pensées, mieux construites. Parce que la création se nourrit du temps, mais du temps de rien.

L’ennui me manque.