Ce qui étouffe une parole ressemble parfois à une petite phrase.
Une campagne sur le poids des mots et l’importance de l’écoute, conçue à partir de témoignages authentiques.
RôleConception-rédaction
Direction créative
Scénario
AgenceBrainsonic Corp
Distinctions6 prix dont 5 Or
Tout le monde était concerné.
Le groupe RATP voulait renforcer la lutte contre les agissements sexistes et les violences sexuelles dans toute l’entreprise : sur le terrain comme dans les bureaux, auprès des victimes, des témoins, des managers et des collaborateurs.
La campagne ne pouvait donc montrer personne du doigt. Elle devait permettre à la parole de sortir sans demander, une fois encore, aux victimes de porter seules le sujet.
Le problème n’était pas seulement le silence.
C’était la manière dont on répond.
Certaines phrases semblent anodines. Elles peuvent même venir de personnes bien intentionnées. Pourtant, elles relativisent le témoignage, isolent la personne qui parle et lui font comprendre qu’elle ne sera peut-être pas entendue.
L’idée : faire prendre physiquement toute la place à la réaction qui vient interrompre la parole.
La petite phrase prenait toute la place.
La typographie est volontairement trop grande. Elle dépasse du papier, coupe les mots et recouvre le témoignage.
Le geste graphique ne décore pas l’idée : il fait sentir le déséquilibre entre ce qui est raconté et la réaction qui vient l’écraser.
Les visages restaient là. Les voix parlaient pour eux.
Les comédiens et comédiennes regardent la caméra, bouche fermée. Une voix off lit les témoignages réels. Puis la phrase qui minimise surgit à l’écran et interrompt la parole.
La campagne devait mener quelque part.
Une idée simple. Plusieurs jurys convaincus.
Fiche du projet.
- Client
- Groupe RATP
- Année
- 2022
- Agence
- Brainsonic Corp
- Rôle
- Conception-rédaction, direction créative et scénario
- Formats
- Campagne interne, affichage, numérique et films
- Idée
- Matérialiser le poids des phrases qui minimisent la parole.